Portrait de Jules Fourche. DA.2.960_SCAN_0005, collection MRAC Tervuren ; photographe non identifié, s.d. Tous droits réservés.
Jules Fourche (1889-1942) est un médecin français originaire de Nancy.
Il a suivi ses études à la Faculté de médecine de l’Académie de Nancy et complète sa formation à l’Université de Paris, obtenant le brevet de médecin sanitaire maritime français et de médecin colonial. C’est à ce titre qu’il travaille au service de différentes sociétés françaises de navigation de novembre 1912 à octobre 1922.
Au début des années 1920, Fourche poursuit ses études et s’inscrit aux cours de l’Institut de médecine tropicale d’Anvers. La Société internationale forestière et minière du Congo (Forminière) l’engage en mars 1923 au côté des trois autres médecins employés par l’entreprise. Dans cette période d’après-guerre, l’Union minière constate en effet que sa main-d’œuvre africaine est en mauvaise santé et décide d’y remédier sous couvert d’une nouvelle politique de bienveillance et de paternalisme. C’est dans ce contexte que Jules Fourche est envoyé au Congo, dans la province du Kasaï, à Tshikapa où il est responsable de missions contre la maladie du sommeil jusqu’en avril 1931. À l’époque, la maladie du sommeil suscite l’inquiétude par son ampleur épidémique et de nombreuses missions itinérantes sont lancées par les autorités et entreprises coloniales afin d’« assainir les populations indigènes ». Il sillonne la région comme médecin, localité par localité, afin d’effectuer des analyses sur des patients présentant des symptômes de la maladie.
À la suite de coupes budgétaires, Fourche quitte la Forminière. Cependant, le 30 juin 1933, il repart pour le Congo, employé cette fois par le ministère des Colonies en tant que médecin de première classe. De par son expérience au Kasaï, il est affecté à la mission médicale de Luluabourg où il poursuit son travail en tant que médecin-directeur.
En 1935, son confrère, le Dr. Henri Morlighem, fait part à Fourche que Joseph Maes, conservateur en chef de la section ethnographique du Musée du Congo, serait intéressé d’obtenir des objets provenant de la région du Kasaï. Jules Fourche prend alors contact avec Maes afin de lui proposer une collaboration.
Alors que le 19 juin 1936, Fourche rentre à Bruxelles, apparemment pour des raisons de santé, il s’assure ainsi de l’envoi de 46 objets à Tervuren, qui sont inscrits dans les collections du musée en juillet et août 1936. Il s’agit principalement de statuettes, appuis-nuque, masques et d’écuelles documentés comme Basonge, Lulua, Babindji, Baluba, Bashokwe, Bakwa M’Putu et Bena Kosh, dont au moins une partie a vraisemblablement été collectée lors des déplacements de Fourche dans la région de Tshikapa en tant que médecin.
Fourche reste en Europe durant une année, au cours de laquelle il se marie avec Paulette Hagron, en juillet 1937. Deux mois après son mariage, il reprend sa fonction de médecin pour la mission médicale du Sankuru, dans la province du Lusambo, cette fois-ci à Lodja.
En juin 1940, la guerre en Europe éclate et il est contraint de renoncer à son retour en Belgique prévu en octobre. Fourche prolonge son engagement à trois reprises pour six mois, puis trois et enfin six mois encore. En 1942, lors d’un congé en Afrique du Sud, il meurt à Johannesburg des suites de maladie. Quatre ans après son décès, sa veuve, Mme Fourche-Palante, fera don au musée de Tervuren de plusieurs autres centaines d’objets ayant appartenu à son défunt mari (voir la notice qui lui est consacrée sur ce site).
Fourche, J. 1928. « Relation sur le fonctionnement de la mission autonome de prophylaxie contre la maladie du sommeil au Kasaï ». Annales de la Société belge de médecine tropicale 8 : 169.
Comeliau, M.-L. 1955. « Fourche ». In Biographie coloniale belge. Bruxelles : Institut royal colonial belge, tome IV, col. 309.
1956. Forminière 1906-1956. Bruxelles : Edition L. Cuypers.
Verlinden, P. 1956. Union minière du Haut-Katanga 1906-1956. Bruxelles : Edition L. Cuypers.
Musée royal d’Afrique centrale. (s.d.). Dossier ethnographique (DA.2.960).
Archives générales du Royaume 2. (s.d.). Dossier individuel du Service du personnel d’Afrique (SPA), Colonie (Identifiant : 7124, Jules Fourche).