Figures-clés des acquisitions

Les 21 notices biographiques présentées ici concernent les vingt-et-une personnes/institutions ayant joué un rôle majeur quant à l’acquisition des collections du musée comprises dans le corpus étudié par le projet PROCHE (soit, originaires du Congo ou plus largement d’Afrique centrale). Chacun de ces différents intervenants est associé à des ensembles de plus de 700 objets jusqu’à plusieurs milliers. Ensembles, ils sont parties prenantes de l’acquisition de 40.637 des 83.423 objets du corpus, soit 48% (des chiffres à considérer avec prudence, car susceptibles d’être réévalués). 

Actifs à des époques différentes, leurs activités et leurs rôles quant à ces acquisitions varient considérablement : les plus anciens sont sans surprise majoritairement des militaires (A. Hutereau, Ch. Delhaise, O. Michaux), mais on compte d’autres personnalités liées à l’État colonial, des missionnaires (L. Bittremieux, E. Cambier), un médecin (J. Fourche), un ministre (N. Arnold) ainsi qu’un roi belge (Léopold III) ; deux épouses ont en outre joué un rôle clé dans l’acquisition de ces collections (M. Michaux-Mertens, P. Fourche-Palante). 

Le personnel du musée, avec ses attachés scientifiques et conservateurs des collections, a également contribué de manière déterminante à l’accroissement des collections (J. Maes, A. Maesen, L. Michel, H. Van Geluwe), de même que des personnalités du secteur privé, à la fois collectionneurs et marchands (M. Dumoulin, H. Pareyn, J. Walschot). D’autres contributeurs essentiels sont les institutions, dont une entreprise directement active au Congo (la Compagnie du Kasaï) ou des organismes métropolitains (Musée royal d’Art et d’Histoire, Association/société des Amis du Musée). En outre, l’entité “Ancienne collection” (qui regroupe les objets du musée acquis entre 1898 et 1908) constitue un ensemble significatif mais auquel très peu d’informations contextuelles sont associées. 

Ces courtes présentations biographiques ont pour ambition de mettre en évidence les contextes, y compris relationnels, sous-jacents à l’acquisition institutionnelle des collections, plutôt que de cibler la trajectoire des individus eux-mêmes. Elles cherchent à exposer les réseaux et dynamiques dans lesquels ces acteurs ont agi, en mettant en lumière leur rôle dans le cadre des transactions ayant contribué à la formation des collections du Musée. 

Si cette liste, basée sur l’indexation du nom propre des personnes liées aux acquisitions les plus importantes du musée, permet ici de nuancer la fréquente invisibilisation des femmes dans l’historique des collections de l’institution, cela n’est pas le cas pour les personnes congolaises dont l’absence totale révèle les profondes inégalités à l’œuvre dans la constitution des collections muséales d’origines coloniales.