Huguette Van Geluwe (1927-2019)

Huguette Van Geluwe (1927-2019)

Extrait du "Dossier Ethnographique" H. Van Geluwe. MRAC Tervure, DA.3.826_SCAN_0089

Huguette Van Geluwe (Ostende, 6 mars 1927-Ostende, juillet 2019) obtient une licence en histoire de la Faculté de philosophie et lettres de l’Université de Gand en juin 1949. Le 1er juillet de la même année, elle rejoint en tant que membre scientifique le Comité d’ethnologie et de linguistique de l’Institut royal des Colonies (devenu ensuite Académie des Sciences coloniales). À travers ses activités au sein de ce comité (du 1er juillet 1949 au 31 décembre 1952) développées dans le cadre du Bureau de Documentation ethnographique (BDE) – rattaché puis incorporé au Musée de Tervuren et qui se trouve sous la responsabilité de Olga Boone (première femme scientifique de l’institution) –, Huguette Van Geluwe rencontre Frans Olbrechts, directeur du Musée de Tervuren. 

Avec l’appui de ce dernier, elle devient scientifique attachée temporaire (1953), puis assistante (1958) au sein de la section d’Ethnographie du musée. 

Du fait de l’élargissement géographique des collections du musée après l’indépendance du Congo en 1960, Van Geluwe développera de nombreuses relations avec des acteurs du secteur privé et marchand belge et international (Corbey 2001). C’est par l’intermédiaire de ce réseau qu’elle acquiert et transmettra au musée des objets océaniens et africains entre 1963 et 1991. Il s’agit de 58 dons qui comprennent le plus souvent une ou trois pièces, mais pouvant aller jusqu’à une trentaine d’objets dans quelques cas. Les informations contenues dans les archives ne précisent que rarement la provenance des pièces qui sont inscrites avec les seules mentions d’un lieu d’achat (par exemple, Bruxelles, Paris, Londres), nom de collection (par exemple, Sterckx), d’un marchand (par exemple, Galerie Maya) ou d’un intermédiaire (par exemple, Timmermans).  

Si ces pièces sont inscrites comme des dons de la part d’Huguette Van Geluwe, elles auraient au départ plutôt été le fait d’achats pour le musée et pour lesquels la conservatrice aurait ensuite été défrayée/remboursée. La situation n’est toutefois pas évidente à interpréter rétrospectivement, car le suivi de ces achats et de leur transmission au musée semble avoir été parfois compliqué par la situation budgétaire et réglementaire de l’institution (notamment au vu d’un échange de courriers en 1973 avec Lucien Cahen, directeur du musée, concernant les 35 pièces de la collection EO.1973.60.1 à 35). La conservatrice aurait alors estimé préférable de procéder à des dons. 

Huguette Van Geluwe semble n’avoir effectué qu’une seule mission professionnelle en Afrique, au Sénégal, pour la visite du Festival de Dakar en 1966, suivie d’un court séjour en Casamance. Une collection rattachée à Mme L. Plehier (1966.21.) pour laquelle Huguette Van Geluwe est parfois mentionnée comme « collecteur » pourrait être rattachée à ce contexte ; il s’agirait alors des seules « collectes » de la conservatrice. 

En outre – et surtout –, en 1976, Huguette Van Geluwe facilite le legs au musée de la collection de Jeanne Walschot, notamment en devenant son exécutrice testamentaire puis sa légatrice universelle à sa mort en 1977. C’est principalement de ce fait qu’un grand nombre d’acquisition d’objets des collections du musée est lié à Huguette Van Geluwe (pour en savoir plus, voir la fiche consacrée à Walschot sur ce site).  

Devenue chef de la section d’Ethnographie du MRAC, Huguette Van Geluwe termine sa carrière le 31 mars 1992.  

Sur les objets liés à Huguette Van Geluwe : voir ici

A. Lacaille, 2024

Bibliographie

Corbey, R.H.A. 2001. « ExitCongoMuseum: The travels of Congolese art ». Anthropology Today 17 (3) : 26-28. En ligne : https://pure.uvt.nl/ws/files/440475/ExitCongoMuseum.pdf
Loos P. 2016. « Invitée d’honneur. Mademoiselle Huguette Van Geluwe ». BRUNEAF Winter, catalogue de l’exposition, pp. 4-5. En ligne : https://detoursdesmondes.typepad.com/files/catalogue-wb-2016-web-2-pages.pdf
Lacaille, A. 2019/2020. « Les merveilleuses images de Jeanne Walschot : un monde entre Exotisme et Modernité ». BRUNEAF Winter, catalogues de l’exposition. Bruxelles : Brussels Non-European Art Fair, 2019 (partie 1) & 2020 (partie 2), pp. 6-26/27.
Sciot, E. 2018. « Performing science amongst the filing cabinets. Women, anthropology and museums in Belgium (1930-1970) ». History and Anthropology 29 (5) : 620-644. En ligne : DOI : 10.1080/02757206.2018.1538046
Doyen, A. 2018. « Les relations entre les musées d’ethnographie et les marchés de l’art africain et océanien en France, en Suisse et en Belgique : construire la valeur et s’approprier l’altérité. Héritage culturel et muséologie ». Thèse de doctorat. Paris / Neuchâtel : Université Sorbonne Paris Cité / Université de Neuchâtel (Suisse).
Loos P. 2020. « Huguette Van Geluwe » (In memoriam). BRUNEAF Winter, n.p.

Sources

MRAC - Musée royal de l'Afrique centrale. Section d’Ethnographie : dossiers correspondance ; dossiers d’acquisition ; « Van Geluwe Huguette » & « Walschot – Van Geluwe »

MRAC - Musée royal de l'Afrique centrale. Archives historiques. Archives des particuliers - Histoire coloniale (Identifiants : HA.01.0704, HA.01.0331.278, HA.01.0704.1, HA.01.0704.2).

AMAEB - Archives du Ministère des Affaires étrangères de Belgique, Minaf 1935, Van Geluwe H.C.C.