Anonyme, statue de Léo Bittremieux en bois polychrome. EO.1966.69.1, collection MRAC Tervuren ; photo J.-M. Vandyck, CC-BY 4.0.
Léo Bittremieux, linguiste, ethnologue, philologue et missionnaire scheutiste de la Congrégation du Cœur immaculé de Marie, est né à Sijsele le 4 septembre 1880 (province de Flandre-Occidentale) et mort à Boma le 21 septembre 1946. Intégrant la Congrégation en 1899, il est ordonné prêtre le 15 juillet 1906. Il commence sa vie de missionnaire pour l’État indépendant du Congo en travaillant pour le vicariat apostolique de Léopoldville (Kinshasa) en septembre 1907 à Kangu dans le Mayombe.
En 1910, il fonde un nouveau sous-poste à Vaku, avec le père Bruyn, qui devient une mission autonome l’année suivante. Il devient secrétaire du vicaire apostolique Camille Van Ronslé en 1912. En 1915, il travaille comme aumônier pour les troupes de la Force publique lors de la campagne du Cameroun. De 1916 à 1924, il devient directeur du collège de Nouvelle Anvers (Makanza) et de Mbata Kiéla. Il a également enseigné à Mankanza et Kabwe. À son retour en Belgique en 1925, il devient recteur dans une maison de repos à Schilde. Il retourne au Congo fin 1926 et est nommé supérieur à Muanda jusqu’en mai 1933. Pour son troisième séjour au Congo, à partir du 12 janvier 1934, il devient professeur au grand séminaire de Kabwe. En 1936, il devient coadjuteur du supérieur à Mbata Mbenge. En 1944, dans la Scheuthuis à Mbata-Menge, un incendie détruit la plupart de ses livres, écrits, notes et matériel de recherche. Parti en voyage d’études en Angola en 1946, il tombe malade, est transporté à Moanda, puis à la Croix-Rouge de Boma où il décède.
Durant ses séjours au Congo, Léo Bittremieux a effectué des recherches anthropologiques et sociologiques auprès des communautés en Mayombe. Il a écrit de nombreux ouvrages, comprenant 28 livres et brochures et 87 articles dans des revues, majoritairement rédigés en néerlandais. La partie la plus importante est consacrée au langage et coutumes du Bas-Congo. Léo Bittremieux a non seulement réalisé un travail missionnaire et scientifique, mais il a également collecté des centaines d’objets fabriqués par la population locale, Yombe (notamment du Maître de Kasadi), Mbagani, Woyo à Bandunga (Société de Bakama), Kongo, Pende, Luba, Chokwe, Bakwa et Binji. Une partie des pièces – majoritairement Yombe – a été transportée au musée ethnographique de l’Université de Louvain (date inconnue) et une partie des collections a été donnée au Musée royal de l’Afrique centrale (MRAC) dans les années 1930 (1931, 1932, 1933, 1936, 1937, 1939), et enfin en 1946 avec Jacques Lepersonne comme intermédiaire (conservateur de la section Géologie et Minéralogie du musée).
Lors de la scission de l’Université de Louvain dans les années 1960, la collection a été divisée entre l’Université de Louvain (KULeuven) et l’Université catholique de Louvain-la-Neuve (UCL). À l’occasion du 50e anniversaire de l’indépendance du Congo, le Musée M de Louvain les a remis en lumière avec l’exposition « Mayombe Magie ». La collection a été complétée par quelques œuvres du MRAC qui ont également été collectées par Bittremieux au cours de la même période et dans la même région.
Léo Bittremieux entretenait une correspondance avec le musée concernant ses acquisitions, notamment avec Joseph Maes, et a reçu pendant plusieurs années un budget annuel pour les réaliser. Il recevait des indications quant aux objets spécifiques à acquérir en fonction des études menées en métropole. La religion chrétienne pouvait faciliter la récupération de certaines pièces (parfois par achat), mais des négociations intenses étaient souvent nécessaires, car les populations étaient très attachées à leur patrimoine et ne s’en séparaient pas facilement. Ces acquisitions étaient rendues possibles grâce à un réseau de confrères itinérants.
Bittremieux, L. 1922. Mayombsch idioticon. Gand : Drukkerij Erasmus.
Bittremieux, L. 1924. Contes du Mayombe. Louvain : Vlammsche Boekenhalle.
Bittremieux, L. 1936. La Société secrète des Bakhimba au Mayombe. Bruxelles : Librairie Falk fils.
Bittremieux, L. 1937. Le Symbolisme dans l’art nègre. Bruxelles : Vromant.
Bittremieux, L. 1937. L’Art des mots chez les Bayombe : Chants et jeux, danse et théâtre au Bas-Congo, publié avec la collaboration de la Fondation universitaire de Belgique. Saint-Nicolas : Standaard Boekhandel.
Cobbaert, T. 2008. Inventaris van het Fonds Sint-Pietersabdij van Steenbrugge. Anvers.
KADOC - Centre de documentation et de recherche sur la religion, la culture et la société, Leuven : Bittremieux Léo (Identifiants: BE/942855).